RDC : voici la suite du programme de Joseph Kabila à Goma après sa visite au camp du M23 à Rumangabo

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De retour sur la scène publique dans un contexte de fortes tensions dans l’est de la République démocratique du Congo, l’ancien président Joseph Kabila a entamé, depuis Goma, une série de consultations politiques et sociales visant à proposer des pistes de sortie à la crise multidimensionnelle que traverse le pays.

Après une visite remarquée au centre de formation idéologique du mouvement rebelle M23/AFC à Rumangabo, Kabila s’est installé à Goma où il prévoit de rencontrer plusieurs composantes de la société congolaise. Son programme inclut des échanges avec les autorités du M23/AFC, les confessions religieuses, la société civile, les acteurs du secteur privé, ainsi que des représentants de la jeunesse, des femmes et des corps de métiers comme les avocats, médecins et journalistes.

Selon ses proches, cette initiative s’inscrit dans une volonté de “dialogue inclusif” pour “écouter toutes les sensibilités” et “bâtir un consensus national en vue de la paix”.

Avant d’arriver à Goma, Joseph Kabila a exprimé des critiques virulentes à l’égard de son successeur Félix Tshisekedi, dénonçant une “gouvernance non orthodoxe” responsable, selon lui, d’une aggravation de la situation socioéconomique et sécuritaire du pays. Il évoque notamment une montée du chômage, de la criminalité et de l’insécurité, en particulier dans l’Est du pays.

Face à ce qu’il qualifie de “crise profonde”, Kabila propose un « pacte citoyen » articulé autour de douze points clés, dont les grandes lignes visent à restaurer l’autorité de l’État, la démocratie, la stabilité et le développement.

Sa visite au camp du M23 à Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru, a suscité une vive controverse, plusieurs observateurs y voyant un signal ambigu quant à ses liens avec le mouvement rebelle. Des sources proches de l’ancien chef de l’État affirment que cette visite visait à “s’imprégner des conditions dans lesquelles les compatriotes ayant rejoint la révolution sont formés sur les plans idéologique et militaire”.

Dans une déclaration à Radio France Internationale, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), a défendu l’approche de Kabila, assurant qu’il agit “dans une démarche de paix”, à l’instar des leaders religieux de la CENCO et de l’ECC. “Il reste un acteur politique majeur, qui comprend les dynamiques actuelles du pays”, a-t-il ajouté.

Cette initiative intervient alors que l’étau judiciaire semble se resserrer autour de Kabila. Le Sénat a récemment levé ses immunités, ouvrant la voie à d’éventuelles poursuites, notamment en lien avec ses supposées relations avec le M23. Cette situation alimente un climat de méfiance autour de son retour sur le devant de la scène.

Les conclusions de cette série de consultations sont très attendues. Elles pourraient marquer un tournant dans la gestion de la crise congolaise si elles débouchent sur une véritable dynamique de réconciliation et de relance politique.

Muller Mundeke

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