Un an jour pour jour après la chute de la ville de Goma et de plusieurs entités stratégiques du Nord-Kivu entre les mains de la rébellion de l’AFC-M23, soutenue par le Rwanda, le souvenir reste vif et profondément douloureux pour des millions de Congolais.
À l’occasion de cette date sombre, l’activiste des droits humains OLINE BALUME dresse un tableau alarmant de la situation sécuritaire et humanitaire dans les zones sous occupation rebelle, tout en lançant un appel aux autorités congolaises et à la communauté internationale.
Le 27 janvier 2025, la prise de Goma par l’AFC-M23 a provoqué un exode massif de populations, contraignant plusieurs milliers d’habitants à fuir pour sauver leur vie, tandis que d’autres, faute d’alternative, sont restés sous occupation rebelle.
Cette journée est aujourd’hui reconnue comme une journée de deuil collectif national, en mémoire des milliers de civils victimes des violences survenues lors de la bataille de Goma et dans les jours qui ont suivi. Des organisations de la société civile évoquent plus de 9 000 personnes tuées.
Un devoir de mémoire et un engagement pour la justice
« Nous nous inclinons devant la mémoire de toutes ces vies innocentes perdues. Leur souvenir nous oblige à continuer le combat pour une paix durable, fondée sur la justice, la vérité et le respect de la dignité humaine », affirme OLINE BALUME.

Originaire de Masisi au Nord-Kivu, cette activiste des droits humains et membre active de la société civile demeure l’une des voix les plus constantes dans la dénonciation des abus commis contre les populations vivant sous contrôle rebelle.
« Aucun Congolais ne devrait vivre sans sécurité, sans liberté et sans dignité. Ce qui se passe aujourd’hui à Goma, à Masisi, à Sake et dans d’autres zones occupées est une négation totale des droits humains les plus fondamentaux », déclare OLINE BALUME.
Selon cette activiste, la situation dans les territoires sous administration de l’AFC-M23 reste extrêmement préoccupante. Elle évoque une insécurité quotidienne marquée par des enlèvements, des pillages, des assassinats ciblés et des arrestations arbitraires.
« À Sake par exemple, des familles vivent dans la peur permanente des enlèvements et des pillages. Dans le Kamuronza et Mupfunyi Shanga, des civils sont tués sans que justice ne soit rendue. Des leaders locaux sont emprisonnés arbitrairement et détenus dans des cachots secrets de la rébellion », alerte-t-elle.

Message de solidarité aux activistes des droits humains
En ce moment de commémoration et de douleur, OLINE BALUME adresse un message de réconfort, de soutien et de solidarité à l’ensemble des activistes des droits humains, durement éprouvés par le contexte sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Elle reconnaît le prix élevé payé par ces défenseurs des droits humains, dont certains sont aujourd’hui contraints à l’exil, d’autres obligés de se cacher, et plusieurs réduits au silence pour leur propre sécurité et celle de leurs familles.
« À tous les activistes qui continuent de défendre la dignité humaine dans la peur, l’exil ou le silence forcé, je veux dire que vous n’êtes pas seuls. Votre combat est juste, votre engagement est légitime et l’histoire retiendra votre courage », confie-t-elle.
Elle rappelle que, malgré les tentatives d’intimidation et de musellement, la voix de la société civile congolaise reste vivante et constitue un pilier essentiel dans la lutte pour la paix, la justice et la vérité.

Hommage aux FARDC et aux Wazalendo
Dans le même élan, elle salue le courage et le patriotisme des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que des Wazalendo, engagés sur le champ de bataille contre l’agression rwandaise et la rébellion de l’AFC-M23.
OLINE BALUME rend hommage à ces hommes et femmes qui, au péril de leur vie, défendent l’intégrité territoriale du pays dans des conditions souvent extrêmement difficiles avec une pensée pieuse aux familles des militaires et des Wazalendo, qui portent le lourd fardeau des sacrifices consentis, vivant dans l’angoisse permanente et payant, dans l’ombre, le prix de l’engagement de leurs proches.
Appel à l’unité et à l’engagement de la jeunesse
Elle invite par ailleurs les jeunes à rester unis, solidaires et déterminés afin de barrer la route à l’ennemi envahisseur, convaincue que l’unité nationale demeure l’arme la plus puissante face aux tentatives de déstabilisation et de balkanisation de la RDC.
Dans la soirée du mardi 27 janvier 2026, OLINE BALUME, aux côtés d’autres activistes des droits humains et membres de la société civile originaires du Nord et du Sud-Kivu vivant à Kinshasa, a pris part à une cérémonie de requiem. Cette rencontre visait à honorer la mémoire des victimes, exprimer la solidarité envers les populations encore sous occupation et rappeler l’urgence d’une action concrète pour mettre fin aux souffrances dans l’Est du pays.

Dans son message final, elle interpelle directement les autorités de la République démocratique du Congo :
« Le gouvernement doit redoubler d’efforts pour restaurer l’autorité de l’État et libérer les populations prises en otage par l’AFC-M23 », insiste-t-elle.
Un plaidoyer pour une paix réelle
Un an après la chute de Goma, la voix d’OLINE BALUME résonne comme un rappel à la responsabilité nationale et internationale, mais aussi comme un plaidoyer constant pour que la paix, longtemps promise à l’Est de la RDC, devienne enfin une réalité.
Ivan Kambere à Butembo
