Nord-Kivu : les FARDC font une promesse au M23 après l’annonce de son retrait de Walikale centre

Compress 20250323 072510 0379

Dans une déclaration rendue publique samedi, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a annoncé son retrait de Walikale-Centre et de ses environs, une décision qui intervient trois jours après la prise de cette localité stratégique située au Nord-Kivu.

Selon le communiqué signé par Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, cette initiative vise à “favoriser des conditions propices aux initiatives de paix et à un dialogue politique traitant des causes profondes du conflit” dans la région.

Ce geste est perçu comme une tentative de désescalade de la part du groupe rebelle, dans un contexte de tensions croissantes au sein de la province, marquée par des affrontements violents et la présence continue des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo).

Toutefois, l’AFC/M23 a tenu à avertir que toute offensive contre ses positions ou les populations sous son contrôle entraînerait l’annulation immédiate de cette décision de retrait. Ce rappel témoigne de la fragilité de la situation et de la vigilance du groupe rebelle face à d’éventuelles provocations.

En réponse, les FARDC ont exprimé, par la voix de leur porte-parole, le général-major Sylvain Ekenge, leur prise en compte de cette décision du M23. Lors d’une intervention sur la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), le général Ekenge a indiqué que l’armée congolaise “s’abstiendra de toute action offensive” contre les positions du M23, tout en appelant les forces d’autodéfense congolaises à adopter une attitude similaire, afin de favoriser la désescalade.

Cette position de retenue des FARDC s’inscrit dans le cadre des engagements pris dans le processus de paix de Luanda et de Nairobi, censés permettre un apaisement des tensions dans l’Est de la RDC.

Le gouvernement congolais, par la voix de la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a également exprimé son soutien à cette démarche en faveur du dialogue.

Lors d’une conférence de presse tenue le 22 mars à Kinshasa, la ministre a souligné qu’il était désormais “plus opportun” de mener des discussions directes avec le M23, afin de parvenir à une “cessation d’hostilités” et mettre fin à la violence qui frappe les populations civiles. Ce changement de ton dans la politique diplomatique congolaise laisse entrevoir une volonté de favoriser la paix et d’éviter une nouvelle escalade militaire.

Cette annonce marque un tournant potentiel dans les relations entre le gouvernement congolais et le M23, après plusieurs mois de violences dans le Nord-Kivu.

Reste à savoir si ce retrait sera suivi d’un engagement véritable à la paix ou s’il s’agira simplement d’une pause tactique dans un conflit complexe et prolongé. Les prochaines semaines seront cruciales pour observer l’évolution de la situation et la mise en œuvre effective des engagements de chaque partie.

Patrick Kalume

Related Post

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *