Nord-Kivu : l’AFC-M23 explique pourquoi elle refuse de se retirer de Walikale Centre

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Six  jours après avoir annoncé son retrait, le mouvement AFC-M23 n’a toujours pas quitté Walikale-centre, dans le Nord-Kivu , une cité stratégique située à environ 400 kilomètres de Kisangani dans la province de Tsopo.

Selon nos confrères de Radio France Internationale (RFI), L’AFC-M23 invoque la présence de drones des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la zone, une condition qui, selon lui, empêche son départ effectif. 

Depuis l’annonce du désengagement des combattants de l’AFC-M23 samedi 22 mars 2025, la situation à Walikale-centre demeure incertaine. Si aucun affrontement majeur n’a été signalé ces derniers jours, la population vit toujours dans l’angoisse. De nombreux habitants, réfugiés en forêt, reviennent temporairement dans la journée pour évaluer la situation avant de repartir. D’autres, ayant les moyens de fuir plus loin, empruntent la Route nationale n°3 vers Kisangani. 
 
Parallèlement, des déplacements de troupes sont signalés. Des unités militaires congolaises quittent Kisangani pour renforcer les positions des FARDC à Biruwe, situé à environ 70 kilomètres de Walikale-centre, où se trouve le quartier général de la 34ᵉ région militaire. D’autres mouvements sont également observés dans les environs de Lubutu (Maniema), une localité clé pour les communications et la logistique militaire. 

La situation sécuritaire précaire affecte directement les services essentiels. Selon nos confrères, à Lubutu, plusieurs membres du personnel de l’hôpital général, un établissement de référence dans la région, ont déjà quitté leurs postes, craignant une éventuelle extension du conflit.

Le parc national de Maïko, abritant des espèces protégées comme le gorille des plaines de l’Est et l’okapi, voit également certains de ses agents fuir la zone. 

Alors que l’armée congolaise n’a pas encore officiellement réagi aux accusations de l’AFC-M23 sur la présence de drones, la situation reste tendue. Les prochaines heures seront déterminantes : un dialogue peut-il s’amorcer ou doit-on s’attendre à une reprise des hostilités ? Walikale-centre, au cœur de cette impasse, demeure un enjeu stratégique et humanitaire majeur.

Patrick Kalume

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