Depuis la soirée du 20 mars, des rumeurs circulent concernant une possible invitation de l’AFC-M23 par l’Émir du Qatar, à peine quelques jours après la rencontre entre les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame.
Cette initiative, qui pourrait sembler surprenante, fait l’objet de nombreuses spéculations.
“Dans un avenir proche, une délégation de l’AFC/M23 se rendra à Doha sur invitation de l’Émir du Qatar”, affirment plusieurs sources proches du dossier à Goma. Cette annonce a été corroborée par des informations rapportées par nos confrères de Nouveaumedia.cd, selon lesquelles Corneille Nangaa, le coordonnateur du mouvement rebelle, aurait donné son accord pour cette démarche.
L’invitation du Qatar pourrait marquer un tournant décisif dans la crise en République Démocratique du Congo (RDC). Selon certaines sources, les rebelles de l’AFC-M23, après leur volte-face un jour avant le dialogue prévu à Luanda, ont perdu confiance en la médiation du président angolais João Lourenço. Ils considèrent que l’UE soutient trop fermement les autorités congolaises, rendant les négociations biaisées.
Dans cette optique, le Qatar pourrait apparaître comme un acteur neutre, capable de faciliter une véritable discussion.
Le choix du Qatar semble être également motivé par l’envie d’éviter les sanctions imposées par l’Union européenne à l’encontre de l’AFC-M23.
En se tournant vers Doha, les rebelles viseraient ainsi à contourner les pressions exercées par les puissances occidentales et à se donner une plus grande marge de manœuvre.
L’Émir du Qatar, qui a déjà joué un rôle de médiateur en réunissant Félix Tshisekedi et Paul Kagame, semble déterminé à aller jusqu’au bout du processus.
Les autorités qatariennes estiment que la médiation ne pourra aboutir si les rebelles ne sont pas directement impliqués dans les discussions. Dès lors, l’invitation de l’AFC-M23 à Doha serait une étape indispensable pour parvenir à une solution durable.
Si cette information venait à se confirmer, cela pourrait signifier un changement de trajectoire pour la résolution du conflit. Plutôt que de poursuivre les pourparlers à Luanda comme prévu initialement, il est désormais envisageable qu’un dialogue direct entre l’AFC-M23 et le gouvernement de Kinshasa se tienne à Doha, sous la médiation de l’Émir.
Ainsi, le Qatar, en jouant le rôle de médiateur, pourrait bien devenir l’épicentre des discussions en vue d’une sortie de crise. Une perspective qui laisse entrevoir des possibilités inédites dans la résolution de l’une des crises les plus complexes du continent africain.
Maombi Muhimalwa Blaise à Goma
