Alors que la rébellion du M23, étend son emprise dans l’est du pays, la République démocratique du Congo (RDC) amorce une riposte stratégique d’envergure. En ligne de mire : l’achat de drones d’attaque de dernière génération auprès du géant chinois CATIC.
Sous pression militaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, Kinshasa intensifie ses efforts pour reprendre le contrôle du territoire. Selon des informations publiées par Africa Intelligence, les autorités congolaises mènent actuellement des négociations avancées avec la China National Aero-Technology Import & Export Corporation (CATIC) en vue de l’achat de trois drones d’attaque, une initiative destinée à renforcer la capacité de frappe de l’armée nationale.
Ce sont des “Wing Loong” (2 et 3), construits en Chine par le concurrent de CH-4. Ce terrible drone de reconnaissance et d’attaque peut :
– Porter 12 bombes ou missiles à guidage laser
– Opérer depuis 10Km dans les airs (10.000 mètres d’altitude)
– Agir sur plus de 1500Km à 10.000Km de distance. Ils peuvent donc décoller de Ndjili et frapper à Goma ou Bukavu après 4 heures de vol.
– Rester en activité pendant jusqu’à 40 heures !
Voici les armes et bombes qu’on peut installer sur ces drones que Kinshasa va déployer dans l’est :
Bombe guidée Luoyang FT
FT-7
FT-9
FT-10
Bombe guidée Luoyang LS-6 (de 50 à 250kg)
Missiles
Missiles air-air
Missiles anti-tank (anti-char de combat)
Missile air-sol CASIC CM-50KG
Missile air-surface NORINCO Blue Arrow LJ-7
Missile air-surface Blue Arrow.
Le Mouvement du 23 mars (M23), contrôle désormais plusieurs localités clés, dont les abords de Goma et Bukavu. L’administration parallèle instaurée par les rebelles compromet gravement la souveraineté de l’État congolais et expose les populations civiles à de fréquentes violations des droits humains.
« Nous ne pouvons pas rester passifs », a déclaré un haut responsable sécuritaire congolais sous couvert d’anonymat. « L’armée doit se doter de moyens technologiques pour inverser la dynamique sur le terrain. »
Le président Félix Tshisekedi a lui-même reconnu les défis internes : « Notre armée souffre d’un manque de cohésion hérité d’années d’intégrations désordonnées de groupes armés. Nous devons en faire une force unifiée et disciplinée. » Cette transformation passe par une réforme en profondeur de l’appareil militaire, mais aussi par un réinvestissement dans les équipements modernes.
Dans le cadre de ce réarmement, la RDC avait déjà acquis en 2023 des drones CH-4 Rainbow, capables de mener des frappes de précision, ainsi que des véhicules blindés de fabrication ougandaise et des munitions importées de Bulgarie et de Serbie.
L’État congolais semble déterminé à mettre les moyens pour remobiliser ses troupes : la solde mensuelle des soldats a été revue à la hausse, passant de 100 à près de 500 dollars pour ceux engagés au front. Un effort salué par les militaires, souvent en proie à des difficultés logistiques et un moral en berne.
Le recours à la technologie militaire chinoise marque une nouvelle étape dans la stratégie de reconquête menée par Kinshasa. Si les discussions avec CATIC aboutissent, les trois drones en question pourraient jouer un rôle crucial dans les opérations futures contre le M23 et leurs alliés régionaux.
En toile de fond, la diplomatie régionale de Luanda à Doha – continue de chercher une sortie de crise politique. Mais sur le terrain, l’heure est à la mobilisation militaire. Kinshasa entend prouver qu’elle ne renoncera ni à ses frontières, ni à sa souveraineté.
Muller Mundeke
