Nommé récemment conseiller principal pour l’Afrique à la Maison Blanche, Massad Boulos a entamé sa première tournée sur le continent. Arrivé mercredi soir à Kinshasa, il prévoit également de se rendre au Rwanda, au Kenya et en Ouganda.
Cet Américain d’origine libanaise, dont le fils est marié à Tiffany Trump, était déjà conseiller de Donald Trump pour les affaires arabes et du Moyen-Orient.
Son déplacement en RDC traduit un intérêt marqué de l’administration américaine pour la région, soulignant l’urgence de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Boulos n’est pas venu seul. Il est accompagné de Corina Sanders, sous-secrétaire d’État américaine, illustrant l’importance de cette mission diplomatique. Cette visite, qui s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes dans l’Est de la RDC, vise à explorer des pistes de résolution du conflit et à promouvoir les investissements américains dans la région.
La rencontre entre Massad Boulos et le président Félix Tshisekedi s’articulera principalement autour de la guerre qui sévit à l’Est du pays. Selon un proche de la présidence congolaise, « nous sommes obligés de parler de la guerre ».
Le département d’État américain a d’ailleurs confirmé que la mission de Boulos et Sanders inclut des rencontres avec divers acteurs politiques et économiques afin de « faire avancer les efforts en vue d’une paix durable » dans cette région en proie à l’instabilité.
L’administration Trump suit de près le conflit, ayant déjà imposé des sanctions contre des responsables rwandais et congolais liés à l’Alliance du Fleuve Congo. Washington semble ainsi vouloir peser davantage sur la situation sécuritaire en RDC, où les affrontements avec le groupe rebelle M23 continuent de perturber la stabilité du pays.
Si la crise sécuritaire est au cœur des discussions, la question économique n’est pas en reste. Un autre point clé de la visite concerne la promotion des investissements américains dans la région, notamment à travers le projet du corridor de Lobito. Ce projet, initié sous l’administration Biden, vise à construire une ligne ferroviaire reliant la Zambie à l’Atlantique via la RDC et l’Angola, facilitant ainsi l’exportation des ressources minières congolaises.
Un proche du dossier précise : « Tout va ensemble. Ce genre de projet ne peut fonctionner qu’avec la sécurité. » Cette déclaration souligne le lien étroit entre stabilité régionale et développement économique, notamment dans le secteur minier.
Des discussions entre Kinshasa et Washington sont en cours concernant l’exploitation des minerais rares, dont certains gisements se situent dans des territoires contrôlés par le M23. Les États-Unis pourraient ainsi offrir une assistance sécuritaire en échange d’un accès privilégié aux ressources stratégiques de la RDC.
Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump s’implique dans les affaires sécuritaires et économiques de l’Afrique centrale. En mars dernier, le Dr Ronny Jackson, ancien médecin de Donald Trump et élu républicain du Texas, s’était rendu dans la région pour discuter des enjeux du conflit dans l’Est de la RDC.
Avec cette nouvelle visite de haut niveau, Washington réaffirme son engagement en faveur d’une stabilité régionale et d’un renforcement des liens économiques avec la RDC. Reste à voir si cette initiative aboutira à des avancées concrètes dans la résolution du conflit et le développement des infrastructures stratégiques.
Patrick Kalume