La crise sécuritaire en République Démocratique du Congo (RDC), en particulier dans sa région orientale, continue d’alimenter les préoccupations internationales. Le 24 mars 2025, les chefs d’États et de gouvernement des communautés de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) se sont réunis virtuellement lundi 24 mars pour examiner la situation alarmante et prendre des mesures concrètes pour restaurer la paix et la sécurité dans la région.
Le sommet, co-présidé par William Samoei Ruto, Président du Kenya et de l’EAC, et Emmerson Dambudzo Mnangagwa, Président du Zimbabwe et de la SADC, a mis en lumière la nécessité de répondre de manière plus coordonnée et résolue à la détérioration de la situation sécuritaire, particulièrement dans les villes de Goma et Bukavu, et les autres zones sous contrôle du M23, groupe armé opérant dans l’est de la RDC.
Les décisions clés du sommet
Les décisions prises par ce sommet visent à renforcer l’approche diplomatique tout en apportant des solutions sécuritaires immédiates et durables. Le plan de sécurisation adopté repose sur la mise en place d’une force hybride qui opérera sur le terrain pour stabiliser les zones en crise.
Ce plan inclut la mise en œuvre rapide des décisions précédemment adoptées lors du sommet de Dar es Salaam du 8 février 2025, et des résolutions de l’Union Africaine et de l’ONU, qui ont souligné l’urgence d’une action commune pour faire face à la montée des violences.
Les chefs d’État ont également validé un rapport détaillé issu de la réunion des ministres conjoints de l’EAC et de la SADC, tenue à Harare le 17 mars 2025. Ce rapport inclut une feuille de route qui définit les mesures à prendre à court, moyen et long terme pour rétablir la paix dans l’est du pays. La mise en œuvre de ce plan commence immédiatement, en coordonnant les efforts des forces régionales et internationales.
Inclusivité et nomination des facilitateurs
Le sommet a mis un accent particulier sur l’inclusivité, en intégrant les dimensions de genre, de région et de langue dans le processus de paix. C’est dans ce cadre que plusieurs figures politiques de renom ont été nommées au Panel de Facilitateurs. Parmi eux figurent Olusegun Obasanjo, ancien Président du Nigeria, Uhuru Kenyatta, ancien Président du Kenya, Kgalema Motlanthe, ancien Président d’Afrique du Sud, Catherine Samba Panza, ancienne Présidente de la République Centrafricaine, et Sahle-Work Zewde, ancienne Présidente de l’Éthiopie.
Ces personnalités de haut niveau auront pour mission d’accompagner les discussions de paix et de faciliter les négociations entre les différents acteurs du conflit. Ils seront également chargés de garantir que toutes les parties prenantes, y compris celles qui sont souvent marginalisées, puissent participer au processus.
Prochaines Étapes et Coordination Internationale
Le sommet a ordonné aux co-présidents de convoquer une session d’information avec le Panel de Facilitateurs dans les sept prochains jours, en vue de préparer une première série de consultations. Cette session sera organisée conjointement par la SADC, l’EAC et l’Union Africaine (UA), et sera suivie de discussions approfondies sur les moyens de mobiliser les ressources nécessaires à l’implémentation du plan de sécurisation.

En parallèle, les secrétariats de l’EAC et de la SADC devront informer les Facilitateurs de la nomination unanime du Sommet et communiquer les résultats de cette rencontre aux instances pertinentes de l’Union Africaine et du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
La situation en RDC reste complexe et volatile, mais cette réunion virtuelle des dirigeants de l’EAC et de la SADC marque une étape importante dans la recherche d’une solution durable à la crise dans l’Est du pays. La mise en place de la force hybride et l’adoption de la feuille de route de sécurisation ouvrent la voie à une nouvelle dynamique de dialogue et de coopération régionale, tout en inscrivant la recherche de la paix dans un cadre inclusif et pluri-acteurs.
Ainsi, l’espoir est permis pour une amélioration progressive de la situation sécuritaire en RDC, même si de nombreux défis restent à surmonter. Les observateurs attendent maintenant les premières actions concrètes sur le terrain et une mise en œuvre rapide des résolutions adoptées.
Patrick Kalume
