Crise en RDC : le lieutenant-général Padiri Bulenda aux arrêts, que reproche-t-on au coordonnateur de la RAD ?

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Figure emblématique de la lutte contre les groupes armés dans l’Est de la RDC, le lieutenant-général David Padiri Bulenda, coordonnateur national de la Réserve armée de la défense (RAD), est au cœur d’une vive controverse après son interpellation à Kinshasa par les services de renseignements militaires.

L’officier supérieur a passé plusieurs heures en garde à vue à la DEMIAP (Détection militaire des activités anti-patrie) dans la nuit du 12 au 13 avril. Relâché brièvement, il a de nouveau été arrêté le lundi 14 avril et reste détenu à ce jour. Ce développement soudain a provoqué une onde de choc au sein de l’opinion publique et parmi les acteurs de la société civile.

Un pilier stratégique sous pression

Considéré comme l’un des architectes majeurs de la résistance face aux avancées du M23 et de leurs alliés présumés, le général Padiri joue un rôle central dans la coordination des Wazalendo, ces forces locales engagées aux côtés de l’armée congolaise. Sa capacité à tenir les lignes de front dans des zones aussi sensibles que Kalemie, Uvira ou Walikale a fait de lui une figure respectée, mais aussi controversée.

Nommé général-major en 2000 par Mzee Laurent-Désiré Kabila et promu lieutenant-général sous Joseph Kabila, Padiri bénéficie d’une longue carrière militaire marquée par un engagement constant dans les opérations de sécurisation du territoire.

Des accusations floues, une procédure contestée

Selon certaines sources sécuritaires, l’interpellation du général serait liée à la détention supposée d’un arsenal non déclaré, excédant les normes établies pour son escorte personnelle. Des allégations que ses proches qualifient de « fallacieuses » et politiquement motivées. Aucune perquisition n’aurait été conduite à son domicile, ce qui soulève de sérieuses questions sur la légalité de la procédure.

Vives réactions et appels à la transparence

La coordination de la Société civile « Congo mon Pays » du Nord-Kivu a réagi avec fermeté, dénonçant dans une lettre ouverte adressée au Président Félix Tshisekedi une « campagne de déstabilisation savamment orchestrée » visant à affaiblir un acteur clé de la défense nationale.

« Le général Padiri incarne l’espoir d’une riposte nationale crédible face à l’agression. Loin d’être un fauteur de trouble, il est au contraire un bouclier pour notre peuple », peut-on lire dans le courrier. Des appels fusent de toutes parts pour exiger sa libération et réclamer une enquête transparente.

Un test pour le pouvoir de Kinshasa

Cette affaire survient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’Est du pays, où la coalition gouvernementale peine à contenir les offensives répétées des groupes armés. Pour beaucoup, l’arrestation de Padiri Bulenda, en pleine crise, pourrait fragiliser davantage la coordination militaire sur le terrain.

L’opinion attend désormais une réaction claire du Président de la République. S’agit-il d’un simple malentendu administratif, ou d’un coup politique déguisé ? Le temps presse pour lever le voile sur cette affaire, qui risque de profondément affecter le moral des troupes et la stabilité de la défense nationale.

Avec Beton.cd

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