Alors que les pourparlers de paix entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) se poursuivent à Doha, au Qatar, le mouvement rebelle a publié ce jeudi 11 avril un communiqué dans lequel il exprime de vives inquiétudes face à ce qu’il qualifie de « violations graves et répétées » du cessez-le-feu ainsi que d’atteintes aux droits humains.
Signé par Lawrence Kanyuka, chargé de communication de l’AFC-M23, le document accuse directement le régime de Kinshasa et ses alliés de manquements délibérés aux engagements pris dans le cadre des négociations en cours.
L’AFC-M23 dénonce notamment l’occupation de la ville de Walikale par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), soutenues, selon le communiqué, par des groupes armés alliés, dont les FDLR, les milices Mai-Mai/Wazalendo, et des unités de défense burundaises.
« Suite à notre geste de bonne foi consistant à repositionner nos forces en dehors de Walikale, les troupes du régime de Kinshasa ont occupé et pillé la ville », affirme l’organisation, qui y voit une violation intentionnelle du cessez-le-feu.
Outre Walikale, le communiqué fait état d’attaques militaires dans les territoires de Masisi, Walungu et leurs environs. L’AFC-M23 évoque également une campagne ciblée contre la communauté Banyamulenge dans le territoire de Minembwe, citant des violences survenues entre le 8 et le 10 avril dans les localités de Mikenke, Rugezi, Kivumu et Gahwera.
Ces offensives auraient, selon le mouvement, causé des destructions importantes et des pillages de biens civils, mettant en danger des populations déjà vulnérables.
Dans ce contexte tendu, l’AFC-M23 appelle la communauté nationale et internationale à prendre acte de ces événements et à intervenir pour garantir le respect du cessez-le-feu.
« Nous réitérons notre engagement en faveur d’une résolution pacifique du conflit en RDC, tout en assurant la protection des populations civiles et l’élimination de toute menace à sa source », conclut le communiqué.
Ci-dessous le communiqué :

Cette déclaration intervient dans un climat déjà fragile, alors que les délégations du gouvernement congolais et de l’AFC-M23 tentent de parvenir à un accord de paix durable sous l’égide de médiateurs Qataris. Si les discussions à Doha représentent un espoir pour une sortie de crise, les tensions sur le terrain pourraient en compromettre les avancées.
Patrick Kalume
