Nord-Kivu : réaction ferme de l’AFC-M23 après le massacre de 11 personnes près de Goma, des mesures annoncées

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Un massacre d’une brutalité inouïe a endeuillé la nuit du 4 au 5 avril 2025 la région de Kabale-Katambi, dans le groupement Rusayo (territoire de Nyiragongo), ainsi que certains quartiers périphériques de la ville de Goma, au Nord-Kivu.

Selon les premiers témoignages recueillis sur place, au moins dix personnes, issues d’une même famille, ont été froidement exécutées par des hommes armés non identifiés.

Les victimes incluent des parents, des enfants et des proches, parmi lesquels figure un ancien candidat malheureux aux élections provinciales dans la circonscription de Nyiragongo.

L’attaque, survenue aux alentours de 20 heures, a ciblé plusieurs habitations. Des vidéos amateurs, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent des scènes d’horreur : des corps sans vie retrouvés à table, dans les chambres ou dans les couloirs, certains présentant des blessures par balles.

Un journaliste local, témoin des événements, parle d’un « chaos indescriptible », évoquant des scènes de « tristesse absolue » et une population sous le choc.

Quelques heures après le drame, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), mouvement rebelle contrôlant la zone, a réagi par le biais d’un communiqué signé par son chargé de communication, Lawrence Kanyuka. L’organisation condamne fermement l’attaque et accuse le gouvernement congolais d’en être l’instigateur.

« Des ennemis de la paix, à la solde du régime de Kinshasa, ont profité de la levée des barrières sur les axes routiers du territoire libéré pour perpétrer cet acte odieux », peut-on lire dans le communiqué. L’AFC/M23 qualifie cette tuerie de « criminalité organisée » visant à ternir sa réputation.

Le groupe rebelle affirme avoir pris des mesures pour identifier et neutraliser les auteurs de ces actes qu’il qualifie de « terroristes » et met en garde Kinshasa contre toute tentative de saboter les efforts de paix dans la région.

Ce massacre intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu au Nord-Kivu, où les affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales persistent malgré les appels à un cessez-le-feu. Le territoire de Nyiragongo, stratégique et frontalier du Rwanda, demeure l’un des points névralgiques du conflit.

La communauté internationale, souvent critiquée pour son manque de réactivité, est une nouvelle fois interpellée face à cette spirale de violence ciblant les civils

Patrick Kalume

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