Des tirs nourris ont retenti dans la soirée du mardi 2 avril 2025 à Walikale centre, chef-lieu du territoire du même nom en province du Nord-Kivu. Selon plusieurs sources locales, ces brefs échanges ont opposé les éléments du M23 aux résistants Wazalendo, créant une nouvelle incertitude quant au contrôle effectif de cette cité stratégique.
Ce mercredi 3 avril, des informations contradictoires circulent sur la situation à Walikale. Certaines sources locales affirment que les Wazalendo ont repris la ville après un bref échange de tirs avec les combattants du M23. D’autres estiment que les rebelles du M23 s’étaient déjà retirés de l’agglomération, mettant ainsi en œuvre une annonce faite quelques jours plus tôt.
La situation reste ainsi confuse, et des tirs seraient toujours en cours dans les périphéries.
Par ailleurs, des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient été aperçus dans la localité, marquant un retour de l’armée régulière après son repli lors de l’offensive du M23. Cette présence reste néanmoins limitée et ne permet pas encore de confirmer un contrôle total de la zone par les forces gouvernementales.
La reprise de Walikale centre constitue un tournant important dans la dynamique du conflit. Cette évolution intervient à un moment crucial, alors que des négociations sont en cours entre la RDC et l’Alliance du Fleuve Congo (AFC-M23) à Doha, au Qatar. Ces discussions, menées sous l’égide de l’émir de cet État du Golfe, devraient aboutir à un face-à-face direct le 9 avril prochain.
Cependant, malgré ces efforts diplomatiques, les combats se poursuivent sur le terrain. En début de semaine, des affrontements ont éclaté entre les Wazalendo et le M23 à Nyangezi, au sud de Bukavu, ainsi ce mercredi à Masisi centre, chef-lieu du territoire de Masisi, situé au sud-est de Walikale.
L’évolution de la situation militaire à Walikale demeure incertaine. Si la reprise de la cité par les forces pro-gouvernementales pourrait être interprétée comme un signal positif en faveur du dialogue, elle pourrait aussi provoquer une escalade du conflit.
L’issue des pourparlers de Doha sera déterminante pour la stabilité de la région, alors que les populations civiles restent prises au piège de ces affrontements incessants.
Patrick Kalume
