Un drame sanglant a secoué la capitale congolaise mardi 25 mars, lorsqu’un cambiste de 38 ans, Léonard Mbuya, a été abattu en plein jour par un groupe d’hommes armés. L’incident s’est produit dans son bureau de change, situé sur l’avenue Kenge, dans la commune de Ngiri-Ngiri, non loin de la prison centrale de Makala. La victime laisse une veuve, trois enfants et une famille profondément meurtrie.
Les événements se sont déroulés en pleine journée, lorsque des individus armés ont fait irruption dans le bureau de change de Léonard Mbuya. Selon des témoins, les braqueurs ont menacé les personnes présentes avant de se concentrer sur leur cible, Mbuya. Après avoir exigé une somme d’argent considérable, estimée à 3 000 dollars américains et 4 millions de francs congolais, les assaillants ont froidement tiré sur le commerçant à bout portant. Sans ciller, ils ont ensuite pris la fuite, laissant derrière eux un cadavre et une scène de panique parmi les témoins.
À l’annonce de l’attaque, une foule s’est rapidement formée sur les lieux, entre indignation et douleur. Les habitants du quartier ont exprimé leur colère face à l’insécurité galopante qui gangrène la capitale.
« Chaque jour, nous vivons dans la peur. Les braquages, les agressions sont devenus une triste routine ici. Nous sommes fatigués d’alerter les autorités sans que rien ne change », a confié un commerçant, visiblement choqué.
Les forces de l’ordre, alertées quelques minutes après le drame, se sont rendues sur les lieux. Cependant, les auteurs de l’assassinat avaient déjà pris la fuite, rendant leur identification et leur arrestation plus complexes. Pour le moment, aucune piste précise n’a été avancée par la police, mais des enquêtes sont en cours.
Cet assassinat soulève une nouvelle fois la question de l’insécurité à Kinshasa. Depuis plusieurs mois, les attaques armées contre les commerçants se multiplient, avec des bandes criminelles de plus en plus audacieuses et organisées. Malgré les interventions sporadiques de la police, les habitants de Kinshasa constatent une incapacité apparente des autorités à endiguer la violence. Beaucoup réclament des actions concrètes pour renforcer la sécurité dans la ville, notamment des patrouilles renforcées et un meilleur contrôle des zones sensibles.
La famille de Léonard Mbuya, totalement dévastée, exige justice pour ce père de famille brutalement emporté. Marié et père de trois enfants, il laisse une veuve et des enfants dans une douleur insurmontable. « Il ne méritait pas de mourir de cette manière. Il était un homme de bien, un père dévoué. Nous voulons que les coupables payent pour cet acte », a déclaré l’un des membres de sa famille, les larmes aux yeux.
Face à cette montée de la criminalité, la population attend une réaction forte des autorités, en particulier du gouvernement et des forces de l’ordre. De nombreuses voix s’élèvent pour demander une intensification des efforts pour sécuriser les quartiers de la capitale, et des mesures immédiates pour démanteler les réseaux criminels qui opèrent en toute impunité.
Alors que l’enquête suit son cours, les résidents de Ngiri-Ngiri espèrent que la justice sera rendue rapidement et que les responsables seront arrêtés. En attendant, le sentiment de peur et d’impuissance persiste dans le quartier, et de nombreux commerçants vivent dans l’angoisse d’être les prochaines victimes d’un climat d’insécurité grandissant à Kinshasa.
Ilunga Mubidi
