Crise en RDC : le fils Museveni et chef d’État major ougandais promet la chute de Kisangani

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Dans une déclaration inquiétante sur le réseau social X ce dimanche 23 mars, Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni et actuel chef d’état-major de l’Armée populaire ougandaise (UPDF), a annoncé que son pays ne s’opposerait pas à la prise de Kisangani par le M23, mais pourrait également intervenir directement si la situation évoluait.

Selon Muhoozi Kainerugaba, dans un message aux allures de menace, l’Ouganda pourrait se retrouver à Kisangani dans une semaine. “Dans une semaine, le M23 ou l’UPDF seront à Kisangani. Sur ordre de Yoweri Museveni, commandant en chef de l’UPDF ! Peuple de Kisangani, nous venons à votre secours. L’Armée de Dieu arrive !”, a-t-il tweeté.

Cette annonce, qui a immédiatement suscité de vives réactions au sein de la communauté internationale et des acteurs de la crise congolaise, reflète une intensification de l’engagement de l’Ouganda en République Démocratique du Congo (RDC). Le M23, un groupe rebelle principalement constitué de Tutsis congolais, a intensifié ses attaques dans l’est du pays, particulièrement dans les régions de la province du Nord-Kivu, créant des tensions avec les autorités congolaises, mais aussi avec les pays voisins comme l’Ouganda et le Rwanda, qui sont régulièrement accusés de soutenir indirectement ces milices.

Muhoozi Kainerugaba n’a pas mâché ses mots concernant le rôle de l’Ouganda. Bien qu’il ait assuré que l’Ouganda ne ferait pas obstacle à une prise de contrôle de Kisangani par les rebelles du M23, son message laisse entendre que l’armée ougandaise pourrait intervenir si la situation devenait incontrôlable. En effet, les tensions entre le M23 et les forces armées congolaises (FARDC) ont exacerbé la violence dans la région, avec des milliers de civils fuyant les combats.

Kisangani, située dans le nord-est de la RDC, est un carrefour stratégique, et sa prise par le M23 ou par l’UPDF serait un tournant majeur dans le conflit. L’UPDF, qui a déjà été accusé d’intervenir en RDC dans le passé, pourrait ainsi renforcer son influence dans cette région, tout en mettant sous pression les forces congolaises et les Nations Unies, qui déploient une mission de maintien de la paix dans l’est du pays.

Les propos de Muhoozi Kainerugaba ne font qu’ajouter à l’incertitude qui entoure la situation géopolitique de la région. Les relations entre la RDC et ses voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda, ont été marquées par des accusations réciproques d’ingérence dans les affaires intérieures, et une telle déclaration pourrait raviver les tensions et conduire à une nouvelle escalade des violences.

De plus, cette annonce met la pression sur la communauté internationale, qui est déjà confrontée à un environnement de sécurité précaire dans l’est du pays. Le déploiement de forces internationales, notamment la mission de l’ONU, n’a pas suffi à endiguer les attaques et la prise de pouvoir par des groupes armés comme le M23. Avec la menace d’une intervention directe de l’Ouganda, le scénario d’une guerre régionale plus large semble de plus en plus plausible.

Les autorités congolaises, qui ont fermement condamné l’ingérence étrangère dans leurs affaires internes, risquent de se retrouver prises dans un étau, avec d’une part une offensive rebelle de plus en plus soutenue et d’autre part une pression extérieure croissante. Les appels à une solution diplomatique se multiplient, mais la route vers la paix semble plus incertaine que jamais.

Le conflit en RDC, déjà complexe, pourrait prendre une tournure encore plus grave avec les déclarations de Muhoozi Kainerugaba. Le soutien tacite de l’Ouganda au M23, et la possibilité d’une intervention directe, risque de transformer la dynamique du conflit et d’engendrer une nouvelle crise régionale. Le peuple congolais, déjà lourdement affecté par des années de violence, se retrouve à nouveau au centre d’une confrontation géopolitique qui pourrait avoir des conséquences dramatiques à long terme.

Kalala Manambi

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